S’en sortir… à son rythme et de façon volontaire : la coercition n’est pas une solution. Mémoire et manif

Le 27 janvier 2016, le Regroupement des Auberges du coeur du Québec a présenté son mémoire "S’en sortir… à son rythme et de façon volontaire :
la coercition n’est pas une solution
" devant la Commission du travail et de l'économie pour dénoncer le projet de loi 70. En voici un extrait :

Les Auberges du cœur partagent sans doute plusieurs des objectifs poursuivis par ce projet de loi : faire en sorte que les jeunes les plus éloignés du marché du travail puissent y faire leur place et se donner les moyens d’une vie digne constitue l’une de nos raisons d’être. Cependant,  notre expérience montre que les moyens mis de l’avant avec le programme Objectif emploi n’iront pas dans ce sens, bien au contraire, et pourraient même enfoncer davantage des milliers de jeunes dans l’exclusion et la pauvreté. En voici un extrait :

 

 

"En effet, le programme Objectif emploi démontre une profonde méconnaissance de la réalité des jeunes les plus vulnérables de notre société et de la façon de les soutenir pour leur assurer une participation sociale pleine et entière. En plus de saper les droits fondamentaux de ces personnes et de participer à leur appauvrissement, ce projet de loi rendra plus difficile ou même inefficaces plusieurs de nos interventions auprès des jeunes que nous accueillons.
Nous ne comprenons pas que le gouvernement et son ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale choisissent l’imposition des mesures coercitives à une large cohorte de jeunes adultes qui vivent des difficultés profondes d’insertion sociale.
On risque d’éteindre ce qui leur reste d’espoir pour s’en sortir. Ces jeunes ont besoin de mesures de soutien, adaptées, flexibles et à long terme. Ils ont besoin d’expérimenter à différents niveaux en emploi et en formation, et qu’on leur reconnaisse leur droit à l’erreur. Ils ont surtout besoin qu’on leur fasse confiance. C’est le message contraire qui leur est envoyé avec le projet de loi 70"

Pour lire notre mémoire.

 

La présentation du mémoire a notamment attiré l'attention de la journaliste du Devoir :

"C’est cette idée de sanction qui ne passe pas. L’un après l’autre, les groupes sociaux ont vivement dénoncé la mesure. « Ça va produire de l’itinérance et de la criminalité », a tonné le coordonnateur des Auberges du coeur, Tristan Ouimet-Savard, en soulignant qu’on ne « pouvait pas imposer un projet de vie aux jeunes ».


À ce propos, l’autre coordonnateur des Auberges, Rémi Fraser, a déclaré que « sauf exception, les jeunes qui ont été élevés sur l’aide sociale sont les derniers à vouloir y demeurer ». Il a plus tard mis en doute l’approche générale de ces programmes en racontant l’histoire d’une jeune fille qui a déjà fréquenté l’Auberge. « On avait réussi à l’intéresser à un projet de vidéo. Pour la première fois de sa vie, elle avait allumé sur quelque chose et elle était bonne là-dedans […]. Elle voulait devenir vidéaste. […] Elle est donc allée voir pour suivre une formation et tout ce qu’on lui a offert, c’est préposée aux bénéficiaires. […] On lui a donné un autre échec et elle n’est plus là maintenant. Il y avait une occasion de l’attraper et on lui a dit non. »

Pour lire l'article du Devoir

 

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Au même moment, la Coaltion Objectif dignité, dont le RACQ fait partie, organisait une manifestation dans les rues de Québec qui se terminait devant l'Assemblée nationale.  On visait à dénoncer la réforme du projet de loi 70 et de son futur nouveau programme Objectif Emploi. Ce programme vise à obliger les premiers demandeurs à l'aide sociale dans une démarche vers l'emploi avec des pénalités au chèque d'aide sociale dans le cas où la personne ne se conformerait pas.  À la fin de la manifestation, des partenaires de la Coalition ont pris la parole dont Maxime Samson-Lavigne, un résidant de la Maison Marie-Frédéric, une Auberge du coeur de Québec.  Ce dernier a témoigné de ses démarches à l'aide sociale et des risques que les personnes se tournent vers la criminalité quand elles n'ont pas le minimum pour vivre.

 

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