Des jeunes de la Maison Tangente témoignent de l'impact de l'austérité

Austérité,

Austère, mystère,

Misère de société.

Je SUIS ton futur. 

J’étais l’ainé d’une famille peu aisée. Contre notre gré, nous sommes trop souvent déménagés. Au moment de mon indépendance, faute de moyens, j’ai souffert d’un fléau de société : l’itinérance.

Je suis un jeune adulte qui s’en est sorti. Désabusé face à la colocation, je suis maintenant l’unique locataire d’un tout petit logement au loyer trop coûteux. J’ai des rêves : étudier, me stabiliser, redonner à la société… Comment vais-je y arriver? Aucune idée, mais quelques suggestions concernant de l’investissement dans les logements sociaux. Pour le moment, je survis. J’en suis malheureusement toujours à me débattre pour essayer de combler mes besoins de base.

Je deviendrai intervenant communautaire. Je contribuerai aux miracles communautaires. J’aiderai à pallier aux lacunes gouvernementales en matière d’itinérance et d’enjeux sociaux menacés. Je serai propriétaire de mon propre logis. Je serai suffisamment nanti pour envisager fonder une famille. Qui sait, peut-être aurais-je même une belle retraite tranquille? 

Austérité,

Austère, mystère,

Misère de société.

Je SUIS ton futur.

J’étais dans la rue. Les gens croient que nous sommes paresseux et qu’on profite du gouvernement en quêtant dans le rue. Ils disent : « Trouve-toi un travail si tu veux de l’argent ». Mais si j’ai pas de logis, je peux pas travailler. C’est pas mon slogan préféré…

Je suis en train de m’en sortir. Mais à cause des coupures et du manque d’argent, les hébergements sont pleins et on est quand même pris pour dormir dehors. Beaucoup de jeunes de la rue ont des animaux et n’ont pas accès à des ressources alternatives. Il faut trouver un logement et des abordables, il n’y en a pas. Mes 3 ans dans la rue ont été un vrai calvaire : toujours me demander si je vais manger aujourd’hui, où je vais dormir. J’ai besoin d’être aidé, pour ne pas tourner dans cette boucle qu’est l’itinérance.

Je serai sorti de l’itinérance et ne dormirai plus dehors sur un carton. Je n’aurai plus à toujours bouger et à passer de divan en hébergement, j’aurai mon chez moi.

Il faut discuter de logement, de revenu suffisant, sans coupures pour les colocataires ou pour les personnes voulant entrer en thérapie. En voulant attaquer encore les plus faibles, on les rend plus vulnérables et on crée plus de s.d.f. Les gens ne décident pas du jour au lendemain de devenir itinérants. Ils le deviennent, car ils subissent les contrecoups du système, les coups de la vie. Quand il fait froid, ce n’est pas plaisant d’avoir à dormir dehors. Je ne veux plus dormir dehors.

Austérité,

Austère, mystère,

Misère de société.

Je SUIS ton futur. 

J’étais J’ai mal au passé, mal à l’argent. Lorsque je regarde les gens, je vois que l’amour est là. Selon ce que je visualise de mon parcours depuis 2010, je trouve mon présent énergique, énergique de sens. Je crois au positivisme, à la société de paix. Étant aux études, je me considère plus que sur un banc d’école. Lorsque je vois mes sœurs et mes frères performer dans différents domaines, amener ce qu’ils ont d’unique à leur prochain, à travers l’une ou l’autre de leurs manières de faire, je me sens unique.

Je suis Unique dans la capacité que je possède de percer dans ce que j’aime étudier. Ce que nous faisons comme citoyens, étudiants ou autres avant même de voter, c’est d’exister. Exister devant nos gestes, devant nos dires, devant nos aspirations conscientes.

Je deviendrai Je veux aider les gens. J’aime écouter, j’aime la différence. C’est à travers ces vœux que j’aimerais que vous considériez le monde autour de vous. Observer que l’étudiant à l’université n’y naît pas, mais s’y rend avec de l’aide…  Lorsqu’un étudiant ne vit pas chez ses parents, il se doit de payer son loyer, sa nourriture, ses cours. Lorsque l’étudiant à l’université est endetté de 20 000$, je me trouve chanceux avec mes 325$ de prêts. Au-delà de la chance, je crois qu’on devrait investir ensemble dans l’avenir de notre société pour que ceux qui croient pouvoir se rendre où ils veulent à leur 18 ans, 21 ans. Lorsqu’on parle de réussite, je veux en cumuler davantage. Comme tout le monde, j’ai besoin d’un coup de main pour me réaliser et pousser mes rêves plus loin. Et pour ce faire, j’ai besoin de nos organismes et de leurs ressources. Elles doivent être maximisées et non appauvries encore, minimisées.

Austérité,

Austère, mystère,

Misère de société.

Je SUIS ton futur. 

Qu’est­ce que le décrochage scolaire?

Au Québec, un élève est considéré comme décrocheur s’il n’a pas obtenu de diplôme d’études secondaires et ne fréquente pas d’établissement d’enseignement. Le décrochage scolaire est une problématique complexe et une réalité préoccupante auprès des jeunes. Il faut plutôt savoir comment aller chercher de l’aide auprès des professionnels qui sont à portée de la main. Mais ils sont de moins en moins présents faute de coupures. Le décrochage scolaire est une réelle problématique au Québec.

La pauvreté

La pauvreté est un phénomène que toutes les sociétés civilisées veulent bannir. La pauvreté possède des caractéristiques qui la rendent menaçante pour les étudiant(e)s qui rêvent de faire des études supérieures pour pouvoir améliorer leur condition de vie actuelle. Lorsqu’un ou une étudiante quitte l’école, c’est probablement du fait qu’il ou elle est confrontée à des problèmes familiaux ou financiers. EXEMPLE: Ne pas être capable de manger à sa faim ou tout simplement ne pas pouvoir se payer sa carte opus à chaque mois. Ne pas avoir les moyens de se payer un livre, un crayon, un cahier...ET j’en passe. Cela nous prouve que même si l’élève est déterminé à poursuivre ses études il ne pourra pas, car il n’a pas les ressources financières nécessaires ou tout simplement parce que son gouvernement ne le soutient pas et ne l'encourage pas à aller vers les études supérieures, mais vers le marché du travail. Que pensez­vous qu'un de vos enfants soit l'un de nous...allez­vous croiser les bras et le regarder ou vous allez être là pour lui et puis le guider sur bon chemin??

D'où nous venons?

Nous faisons des efforts pour surmonter les difficultés, mais on nous considère comme étant une problématique pour notre société. Nous ne manquons pas de responsabilités et d'engagement avec notre propre personne et surtout de nous lever, prendre notre vie en mains, car nous sommes l'avenir de demain. Nous espérons être un très bon exemple pour les générations futures en témoignant de notre vécu. Nous espérons. 

Austérité,

Austère, mystère,

Misère de société.

Je SUIS ton futur.

Je rêve d’un monde où le mot austérité sera remplacé par encourager.

De politiques où les restrictions feront place à la construction d’un meilleur avenir, à l’éducation.

D’une société qui me permettra de cesser de refuser, de devenir porteuse d’espoir encore plus chaque jour, porteuse de potentialités, de choix réels, ou chacun sera encouragé à se réaliser.

Je rêve que les mots profits et efficacité soient remplacés par investissement et qualité.

Je rêve de pouvoir travailler en offrant toutes les possibilités d’avenir : programmes d’insertion sans listes d’attentes, terminer ton secondaire cinq en étant subventionné et pouvoir pousser plus loin encore!

Je rêve d’encourager les jeunes avec des problèmes de toxicomanie à aller faire une thérapie, à régler vraiment le problème, sans qu’ils ne voient leur revenu réduit de 464$!

Je rêve de les encourager à s’entraider, à créer un lieu qui leur appartient, un logement et un chez-soi ensemble, sans qu’ils ne soient pénalisés de 125$ pour avoir « loué » une chambre.

Je rêve de leur dire que leurs rêves sont encouragés et non pénalisés, menacés par la société.

Et oui, je rêve de pouvoir leur dire VRAIMENT qu’on a tous les mêmes chances dans la vie et qu’on est égaux. 

Je rêve que mon travail soit d’émanciper et non de réparer.

Je rêve d’une société où la réussite ne se mesure pas en dollars, mais en partage de bien-être.

Je rêve  qu’au Québec, les mots pauvreté, itinérance et décrochage soient chose du passé.

Austérité,

Austère, mystère,

Misère de société.

Je SUIS ton futur. 

En tant que bénévole  dans une des maisons membres du Regroupement des Auberges du Cœur, je rêve d’un gouvernement à la hauteur du courage et de la détermination des jeunes que j’ai rencontrés. Ils ne demandent qu’à être épaulés afin de se reprendre en main et de devenir des citoyens à part entière. 

Je rêve de les accompagner et qu’il y ait une place pour chaque jeune. Tout être humain a le droit d’avoir un toit et de l’aide si nécessaire, car la rue n’est pas une option quand on veut s’en sortir.

Force est de constater que les coupures du gouvernement dans les services offerts aux plus démunis ne règleront pas les problèmes, au contraire ils en créeront d’autres à plus long terme.

Le communautaire est à bout de souffle! La bougie qui le  garde allumé le restera pour combien de temps encore? À petit feu, le gouvernement retire aux ressources communautaires cette flamme qui a aussi besoin d’argent pour maintenir des services, et arrêter  de couper dans l’aide inestimable offerte. Le communautaire supporte ceux et celles qui, sans lui, n’auraient pas les outils afin de faire face aux problèmes qui les empêchent de fonctionner normalement et d’atteindre cette réussite sociale tant estimée par la collectivité. 

Notre société est performante au point d’oublier les plus démunis et de croire qu’ils sont responsables de tout ce qui leur arrive. Croire en eux, voilà ce que le monde communautaire s’efforce de faire quotidiennement, mais pour combien de temps encore?

À vous de répondre à cette question, parce que de notre côté on craint de ne plus pouvoir y arriver encore longtemps. 

Austérité,

Tu détruis la société, donne-moi les moyens

Et l’aide dont j’ai besoin pour me réaliser.